Les communautés culturelles et la campagne de vaccination

Les communautés culturelles et la campagne de vaccination

Texte publié dans la section Grippe du site Internet du journal local Les Actualités Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, le 8 décembre 2009.

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Les communautés culturelles et la campagne de vaccination

Selon le directeur de la santé publique de Montréal, le docteur Richard Lessard, les communautés culturelles se font peu vacciner contre la grippe. Les causes de ce faible taux sont multiples.

Tout d’abord, les dépliants d’information ne sont disponibles qu’en anglais ou en français. Pourtant, une partie de la population de CDN-NDG ne parle aucune de ces deux langues. Sharmila Anto, intervenante auprès de la communauté sri-lankaise pour le SIARI (Service d’interprète, aide et référence aux immigrants), explique que son organisme compte bientôt traduire les documents du ministère.

L’ALAC (Association latino-américaine et multiethnique de CDN) travaille auprès d’une clientèle composée entre autres de Russes et de Latino-américains allophones. Yvonne Palm, secrétaire, ne croit pas que le faible taux de vaccination soit un problème de langue. «On en a beaucoup parlé dans notre organisme, mais on ne peut pas forcer les personnes à se faire vacciner», dit-elle. «Et, vous savez, il y a deux campagnes à ce sujet: celle du gouvernement et celle qui est contre la vaccination. Nous voyons certaines populations, comme des Mexicains, qui craignent les effets secondaires du vaccin. Il y en a même qui parlent d’une campagne des compagnies pharmaceutiques pour faire de l’argent.»

Une autre raison du faible taux pourrait être les modalités de vaccination, selon Michelle Ohnona, du Conseil communautaire NDG. «On entend beaucoup parler du problème de la carte d’assurance-maladie pour les nouveaux arrivants. Lors d’une rencontre avec les CSSS, on nous a spécifiés que tout le monde pouvait avoir accès au vaccin. En réalité, ce n’est pas toujours le cas. Des résidants ont été refusés car ils n’avaient pas de carte de santé.»

Du côté du CSSS de la Montagne, la directrice des soins infirmiers, Lucille Dufour, dément cette information. «Notre but, c’est de vacciner le plus d’individus. On vaccine donc même ceux qui sont en attente de statut sur notre territoire. C’est rare qu’une personne n’ait pas de carte d’assurance-maladie. Ça peut arriver si, par exemple, la mère haïtienne d’une femme enceinte vient passer quelques mois auprès de sa fille qui va accoucher. Dans ce cas, nous n’avons aucun problème à la vacciner.»

Lucille Dufour rappelle aussi les différentes actions prises pour rejoindre ces communautés. «Nous avons posé des affiches dans des épiceries, des magasins et des mosquées sur le territoire, en particulier dans CDN.» De plus, une clinique parallèle ouvre ses portes du mardi 8 au samedi 12 décembre. Elle est située au CLSC de Parc-Extension (7085, rue Hutchison), dans un quartier à forte concentration multiethnique. La clinique est ouverte la semaine de midi à 19h, et le samedi de 9h à 15h.

Sharmila Anto du SIARI note cependant qu’une partie de la population immigrante est maintenant moins méfiante. «Maintenant que les écoles offrent le service de transport et de vaccination pour les élèves, les parents signent de plus en plus les formulaires d’acceptation et ils se font aussi vacciner, comme leurs enfants.»