Du répit pour les aidants naturels

Du répit pour les aidants naturels

Texte publié dans le journal local Les Actualités Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, édition du 2 décembre 2009, page 10.

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Du répit pour les aidants naturels

La ministre responsable des aînés, Marguerite Blais, et le philanthrope André Chagnon viennent de poser un geste envers les aidants naturels. Ils ont annoncé, le 23 novembre, la création du Fonds de soutien aux proches aidants. Ce fond sera doté d’une somme de 20 millions de dollars par année pendant 10 ans. Les trois quarts des sommes seront versés par le gouvernement provincial. La famille Chagnon, par l’intermédiaire de sa société Sojecci II ltée, fournira le montant restant.

Cette annonce fait suite à la consultation publique sur les conditions de vie des aînés, coprésidée par la ministre à l’automne 2007.

La société de gestion du Fonds est constituée d’un conseil d’administration de dix membres. La moitié d’entre eux ont été désignés par la famille Chagnon. Un poste est réservé à un proche aidant. Son détenteur, Pierre Winner, qui s’occupe de sa mère depuis 11 ans, a d’ailleurs livré un témoignage émouvant. «C’est toi, l’enfant, qui prend soin du parent. Les réflexes ne sont pas toujours adéquats et tu t’en veux un peu de te fâcher, d’être impatient et pas toujours disponible.»

La société donnera du répit, de l’accompagnement et du soutien aux proches aidants, en particulier à ceux qui s’occupent de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Aucune somme ne sera remise directement aux individus.

Des carrefours de soutien seront mis sur pied dans chaque région, en mobilisant les acteurs locaux, reconnus par le milieu. Les différents services seront regroupés sous la forme d’un guichet unique. Un comité de travail veillera à l’implantation de ces carrefours. Les premiers projets pilotes sont prévus pour 2010.

Inquiétude dans le milieu communautaire

Le milieu communautaire se méfie de ce type de partenariat public-privé. «On va demeurer vigilant», affirme Alain Hébert, coordonnateur du Regroupement des aidantes et aidantsnaturel(le)s de Montréal. «Il ne faut pas régler le sous-financement public par l’apport du privé.» M. Hébert se demande aussi comment l’arrimage se fera avec les organismes à but non lucratif. «Nous avons une mission précise, en lien avec notre communauté. Il va falloir voir si nos priorités vont dans le sens de celles du gouvernement et de la famille Chagnon.»

Ramona Mincic dirige le Centre de jour alternatif Évasion, dans l’arrondissement de CDN/NDG. Même si elle voit d’un bon oeil cet investissement financier, elle demeurera inquiète tant que la société de gestion n’aura pas détaillé le fonctionnement des carrefours. «Où va aller l’argent? Directement au Centre de santé et de services sociaux? On risque de ne pas recevoir de sommes supplémentaires», explique Mme Mincic. Il y a un an et demi, son centre a failli fermer ses portes, faute de financement.

Au Québec, il y a près d’un million de proches aidants. «Je tiens à vous remercier pour ce que vous faites. C’est un don d’amour, un don du coeur», a rappelé la ministre Blais. Elle reconnaît que les sommes ne sont pas suffisantes. Elle souhaite d’ailleurs que d’autres donateurs s’ajoutent à la famille Chagnon pour augmenter les fonds et poursuivre les services offerts après 10 ans.