RQSV-MQDC : diviser… pour mieux agir?

RQSV-MQDC : diviser… pour mieux agir?

Texte publié dans le bulletin du Réseau québécois pour la simplicité volontaire, Simpli-Cité, vol. 8, no 3, automne 2007, page 10.

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RQSV-MQDC: diviser… pour mieux agir?

Depuis quelques mois est apparu dans le paysage des groupes sociaux québécois un nouveau venu: le Mouvement québécois pour une décroissance conviviale (MQDC). Cela peut surprendre, voire même semer le doute dans l’esprit des simplicitaires. Pourquoi deux mouvements aux tendances si proches?

Alors… tentative d’explication… ou tout du moins d’éclaircissement!

Pour ma part, j’ai entendu toutes sortes de distinctions entre la simplicité volontaire et la décroissance: individuel/collectif; pratique/théorique; social/politique; doux/mordant; femme/homme! Mais pourquoi, tout d’abord, ne pas montrer ce qui les rapproche? L’un et l’autre souhaitent l’amélioration du bien-être collectif. Tandis que le premier y va d’une transformation individuelle suite à une prise de conscience, le second préconise une vision élargie qui met en cause, entre autres, l’idéologie de la croissance économique infinie (sur une planète, rappelons-le, aux limites finies!) comme seule finalité.

Au Québec, la simplicité volontaire est définie comme un «mode de vie consistant à réduire sa consommation de biens en vue de mener une vie davantage centrée sur des valeurs essentielles»[1]. C’est ainsi que le RQSV (et les groupes régionaux, entre autres le plus ancien et actif groupe de Québec) l’aborde et propose des solutions pour l’individu. Et c’est parfait ainsi car cela représente une ambitieuse mission!

Alors, si le MQDC peut apporter une autre vision qui fait des liens entre la simplicité volontaire et d’autres sphères de la société (politique, économique, technique, etc.), ce n’est qu’un plus pour les causes et les valeurs que nous défendons mordicus!

Réinventons les mathématiques: et si 1 + 1 = 11 et non 2…?

La multiplicité de tels groupes et des approches n’est pas vaine si l’effort est mis pour faire des ponts et atteindre les objectifs communs. Car, à mon avis, la simplicité volontaire ne suffira pas seule à provoquer un changement sociétal que l’on souhaite si profond; et il est inconcevable de penser une société de décroissance dans laquelle les individus ne pratiqueraient pas la simplicité volontaire…


[1] Définition de l’Office québécois de la langue française