Le Bloc québécois n’y croit pas

Le Bloc québécois n’y croit pas

Texte publié dans le journal local Les Actualités Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, édition du 12 août 2009, page 4.

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Comité de réforme de l’assurance-emploi
Le Bloc québécois n’y croit pas

Les députés bloquistes partent en croisade contre le comité mis sur pied en juin par le gouvernement conservateur pour réformer le régime d’assurance-emploi.

Le comité, composé à égalité de représentants conservateurs et libéraux, a permis d’éviter que le principal parti d’opposition ne force la tenue d’élections cet été. Les membres du groupe de travail présenteront leur rapport lors de la reprise de la session parlementaire, au mois de septembre.

«Dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, le taux de chômage chez les jeunes immigrants est une véritable problématique économique, mais aussi sociale. Il faut s’y attarder», rappelle Bernard Bigras, le député du Bloc québécois (BQ) de Rosemont-La Petite-Patrie. «Les règles d’admissibilité actuelles de l’assurance-emploi pénalisent les jeunes, les femmes et les nouveaux immigrants. Pendant qu’on débat à Ottawa sur le nombre d’heures pour être admissible, on ne prend pas de décisions.»

Le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans s’élève à 15,5 % dans l’arrondissement. Les chômeurs adultes forment 9,1 % de la population active pour la ville de Montréal.

Le BQ rappelle que le système actuel d’assurance-emploi fait en sorte que les jeunes et les femmes, qui occupent principalement des emplois à temps partiel, ne peuvent atteindre le seuil minimal d’heures travaillées pour être admissibles. Roger Pomerleau, député de Drummond, trouve ça d’autant plus désolant que ces personnes cotisent pour le régime alors qu’ils n’y ont pas accès. De plus, selon lui, le gouvernement conservateur investit des sommes importantes pour aider l’industrie automobile en Ontario, mais très peu pour les secteurs manufacturier ou forestier, touchés au Québec par la crise. «L’argent sort d’ici, mais rien ne rentre. Nos chômeurs sont complètement pénalisés», déclare M. Pomerleau.

Selon la vice-présidente du BQ, Vivian Barbot, «tant les conservateurs que les libéraux n’ont pas les outils pour répondre aux objectifs du Québec. Le gouvernement met très peu d’énergie pour des solutions concrètes.» La formation indépendantiste préconise de fournir, aux Québécois qui ont perdu leur emploi, une formation professionnelle en vue d’une recon-version ou d’un perfectionnement. Le BQ souhaite aussi éliminer le délai de carence de deux semaines, augmenter le montant de la prestation à 60 % et offrir aux travailleurs de plus de 55 ans une préretraite (voir l’encadré «L’assurance-emploi en bref»).

«Toutes nos propositions n’ont pas été prises en compte, ni par les libéraux, ni par les conservateurs», soutient Mme Barbot. «Pourtant, qui dit crise dit urgence. C’est inacceptable que, depuis deux ans, le gouvernement n’ait pas mis en place des mesures pour aider les travailleurs à passer à travers la crise. Les travailleurs touchés vont avoir besoin de soutien quant à leur estime de soi et à la poursuite de leur carrière.»

La formation du chef Gilles Duceppe attend peu de ce «comité bidon». Mais leur rapport sera jugé au mérite. Selon M. Pomerleau, «nous appuierons tout projet qui est bon pour le Québec. Sinon, on votera contre. Et si ça doit nous mener à des élections cet automne, on est prêt à en assumer la responsabilité.»

L’assurance-emploi en bref

• L’assurance-emploi fournit aux chômeurs canadiens une aide financière pendant qu’ils cherchent un nouvel emploi ou suivent une formation professionnelle de perfectionnement.

• Pour être admissible, un Canadien doit avoir accumulé, durant la dernière année, entre 420 et 700 heures de travail. Ce seuil varie selon le taux de chômage dans la région.

• La personne admissible peut recevoir ensuite des prestations équivalant à 55 % de son ancien salaire, avec un plafonnement. Cette aide financière est imposable.

• Un délai de carence de deux semaines doit être observé par les bénéficiaires à l’assurance-emploi. Pendant ce temps, la personne ne reçoit pas de prestation.

• En mai 2009, 1,55 million de personnes étaient au chômage, mais seulement la moitié d’entre elles avaient accès aux prestations d’assurance-emploi. Le nombre de prestataires a atteint un sommet au pays, depuis que ces données sont comptabilisées.