Langue de travail

Langue de travail

Texte publié dans le journal de la Simulation du Parlement européen Canada – Québec – Europe (SPECQUE), PerSPECQUEtives, volume 11, 27 août 2008, page 5

Version pdf

Langue de travail

Sur les vingt eurodéputés présents dans la salle, seulement deux avaient le français comme langue maternelle. Cette Commission multiculturelle sur le tabac, reflet de la Specque, nous a offert une leçon de respect, d’échanges et d’apprentissage.

«J’ai trouvé l’expérience excellente, je veux le refaire», a dit Ereda Jerasi, après avoir passé huit heures à diriger les travaux. La Présidente de la Commission, malgré les difficultés liées à la compréhension des procédures, a tenu, tout au long des débats, à faciliter la participation de tous. «J’avais peur de faire des erreurs au début mais, avec les autres non-francophones présents, je me suis sentie à l’aise», confie l’étudiante grecque.

«Il faut beaucoup se concentrer et, au début, c’est tout un obstacle d’oser prendre la parole», reconnaît Katharina Kaesling, originaire d’Allemagne. Selon elle, le fonctionnement en commission parlementaire est plus enrichissant et vivant, surtout si on intervient lors des discussions.

Ereda Jerasi s’est d’ailleurs continuellement appliquée à ce que les francophones parlent lentement et les amendements soient répétés plusieurs fois. Elle a sollicité la parole des eurodéputés espagnols, roumains, italiens, allemands et canadiens anglais. «Puisque la majorité parlait moins bien le français, nous avons pris davantage le temps de comprendre tous les points discutés», reconnaît la Commissaire Barakat.

Et cela a été bénéfique. Sans compter que les eurodéputés francophones prenaient la peine de reformuler certains amendements. Le Belge Ismaïl Jabri a pris ce rôle très à cœur. Motivé, il a proposé à la Présidente Jerasi et au Rapporteur McGuinness de peaufiner certaines tournures de phrases proposées pour les rendre plus claires.

Cependant, il y a toujours place à l’amélioration. «Quand je suis nerveuse comme là, je ne trouve pas mes mots et j’ai besoin de plus de temps pour parler», estime Anne-Julie Köstner. Les temps accordés semblaient parfois trop courts à cette eurodéputée allemande. Anne-Marie Barakat leur suggère de son côté de se préparer davantage, en arrivant déjà avec des notes.

C’est dans ces moments-là que la Specque, comme simulation interculturelle avec le français comme langue officielle, prend tout son sens. Au-delà des mots et des nationalités, c’est le plaisir d’échanger et de bâtir ensemble l’Europe de demain.