Une foire d’empoigne qui fait tabac

Une foire d’empoigne qui fait tabac

Texte publié dans le journal de la Simulation du Parlement européen Canada – Québec – Europe (SPECQUE), PerSPECQUEtives, volume 11, 26 août 2008, page 3

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Une foire d’empoigne qui fait tabac

Hier midi, des eurodéputés de plusieurs allégeances se sont époumonés sur les marches de l’Assemblée nationale, contestant les sanctions pénales du Rapport McGuinness. Les tensions se sont poursuivies en plénière avec des propos tranchés, à la limite du caricaturé.

L’amendement proposé par le Rapporteur de la Gauche unie en a fait fulminer plus d’un. À n’en pas douter, c’est le mégot qui a fait déborder le cendrier. Une vingtaine d’eurodéputés, accrocs à la nicotine ou non, ont bloqué l’accès à la Chambre, la clope au bec et les bras enchaînés entre eux. Sous le regard amusé de leurs congénères, ils ont manifesté leur désaccord. «On trouve cela ridicule, absurde et antidémocratique», a lancé Véronique Martel, la chrétienne démocrate instigatrice de l’action. Le PerSPECQUEtives a confirmé dans l’édition d’hier que Martin McGuinness parlait bien de prison quand il mentionnait des sanctions pénales.

Les chefs de Démocratie chrétienne, des libéraux et des Verts faisaient partie des manifestants. François Vincent, de l’Europe des Nations, ne semblait pas trop au courant de cette action. Il a prétexté qu’il laissait ces initiatives aux eurodéputés. Pour Benjamin Gras, chef de la Gauche unie, il ne s’agissait que d’une «démarche de faibles». Séverin Ndéma-Moussa, qui dirige le Parti socialiste européen, a pris cela avec humour, rejoignant même l’espace d’un instant les manifestants.

Dans l’après-midi, au sein de la Chambre, les propos ont été tendus. Il semble que la cigarette ne touche pas seulement les poumons, mais aussi les cœurs de tout un chacun. Une quinzaine de parlementaires se sont levés de leur siège et se sont mis de dos lors de la présentation du Rapport par Martin McGuinness. Pour ce dernier, «la fumée secondaire, c’est un génocide et on va trouver une solution». Après ce discours enflammé, le chef des libéraux, Brice Empain, a voulu éteindre son exaltation en lui précisant que «l’excès nuit aussi à la santé». Plusieurs eurodéputés de droite se sont entendus sur les termes employés: «totalitarisme?», «excès», «provocation» et «prohibition?» ont ponctué leurs interventions. De chauds applaudissements et des cris de satisfaction se sont aussi fait entendre tout au long de la séance.

D’après Denis Janquin, du Parti socialiste européen, le débat n’a pas à avoir lieu ici. «Le droit communautaire primaire ne confie en aucun cas à l’Union européenne jurisprudence en matière de sanctions pénales. L’amendement sera donc annulé par la Cour européenne de justice.» Reste à voir, aujourd’hui, en commission parlementaire, si la flamme se ravivera ou si le feu s’étouffera.