Dans l’attente d’une 3e vague

Dans l’attente d’une 3e vague

Texte publié dans la section Grippe du site Internet du journal local Les Actualités Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, en décembre 2009.

Dans l’attente d’une 3e vague

Six semaines après le début de la campagne de vaccination, le docteur Richard Lessard, directeur de la santé publique de Montréal, fait un point sur la situation dans la métropole.

Les objectifs de vaccination que vous vous étiez fixé ont-ils été atteints?
Non, pas encore. Nous souhaitons que 75% de la population soit vaccinée. Actuellement, nous avons atteint la moitié de notre objectif, soit la vaccination de 700 000 Montréalais.Par contre, à certains niveaux, la vaccination se fait bien au-delà de nos espérances. Par exemple, en ce qui concerne le personnel du réseau de la santé et les enfants de moins de 5 ans.

Quelles sont les populations qui tardent à se faire vacciner?
Nous avons plus de difficultés à convaincre les femmes enceintes. Une sur deux s’est fait vacciner pour l’instant. Nous avons donc fait une sortie publique avec une gynécologue du CHU Sainte-Justine, Dre Diane Francœur, pour les encourager à la vaccination. Lorsque les femmes enceintes se présentent dans les CSSS, on démystifie leurs craintes et leurs peurs.
Les communautés culturelles font aussi partie des populations qui se font peu vacciner. Nous travaillons donc dans ce sens pour rencontrer les médias communautaires qui s’adressent à ces populations spécifiques. De cette manière, on a déjà rejoint les communautés italienne, arabe, haïtienne et coréenne.

Quelles craintes ont ceux qui ne veulent pas se faire vacciner?
Certaines personnes imaginent que la vaccination n’est pas utile. Il y a beaucoup de désinformation, en particulier sur Internet. On entend dire que le vaccin a été préparé trop vite, qu’il contient de l’adjuvant, ce qui serait dangereux. Pourtant, les experts s’entendent pour dire que ceci est faux.

Y a-t-il des effets secondaires liés à la vaccination?
Oui, mais ils sont minimes et identiques à ceux de la grippe saisonnière. On parle de douleur dans le bras due à la vaccination et de vomissement. Certains pourraient ressentir des picotements au bout des doigts ou autour de la bouche, liés à l’anxiété de la vaccination.
Les symptômes plus sévères sont moins fréquents. On parle de fortes crises d’allergie. C’est le cas de seulement 3 personnes sur les 700 000 vaccinés à Montréal. Et la récupération a été totale dans les heures qui ont suivi.

Est-ce que le vaccin est efficace sur une longue période?
Il est efficace au moins un an, et probablement deux. S’il y a des mutations de la grippe, elles sont mineures et elles n’altèrent pas l’efficacité du vaccin.
Au printemps, nous avons connu la première vague du virus. Là, depuis octobre, nous vivons la deuxième vague, car, avec l’automne et la rentrée, les gens sont davantage à l’intérieur, ce qui augmente les contacts, et donc les risques de propagation. On se prépare à une troisième vague, cet hiver, dès que le virus aura muté.

Le Canada a-t-il les doses suffisantes pour vacciner toute la population?
Oui, il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Le gouvernement canadien a commandé plus de doses qu’il n’y a d’habitants.