Énergie nucléaire «Je n’ai aucune inquiétude»

Énergie nucléaire «Je n’ai aucune inquiétude»

Article écrit pour le cours Atelier de presse écrite 2, du Certificat en journalisme à la Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal, à l’automne 2008.

Entrevue
Énergie nucléaire
«Je n’ai aucune inquiétude»

Depuis 1975, Maurice Richard sert les citoyens de Bécancour, en tant que maire ou député provincial. La région héberge la seule centrale nucléaire au Québec, que le gouvernement souhaite rénover pour prolonger sa durée de vie.

Arthur Lacomme: Des études prouvent qu’il y a un risque de développer un cancer en restant proche d’une centrale nucléaire. Certains experts proposent d’user du principe de précaution et de poursuivre les recherches. Qu’en pensez-vous?

M.R.: Nous n’avons pas de crainte concernant ce type d’équipement sur notre territoire. Il y a des tonnes d’études qui se contredisent, c’est comme les sondages.

A.L.: Qu’en pensent les citoyens?

M.R.: Je n’ai reçu aucune plainte par rapport à la réfection de la centrale. Ni au téléphone ni à nos séances publiques hebdomadaires. Les citoyens siègent au Comité mixte municipalité et industrie qui vérifie de façon continue la qualité de l’air, avec des équipements ultrasophistiqués. Nous respectons les normes canadiennes. Il n’y a rien de plus écologique qu’une centrale. On ne dérange ni les oiseaux ni la nature. Il n’y a aucun rejet. Le seul questionnement que nous pourrions avoir concerne la gestion des déchets à long terme.

A.L.: Justement, le Canada y réfléchit depuis les années 1980. Un appel d’offres a été lancé pour trouver des sites potentiels. Est-ce que la ville de Bécancour est intéressée?

M.R.: Personne n’est intéressé à avoir des déchets dans sa cour. Je partage l’idée de les centraliser en un seul endroit, dans le Bouclier canadien. Car c’est un pouvoir en dormance. Dans 10 ou 20 ans, on risque d’aller rechercher ce pouvoir pour s’en resservir, quand la technologie permettra d’en recycler la totalité. Je n’ai aucune inquiétude à ce sujet.

A.L.: La réfection devrait permettre de faire fonctionner la centrale jusqu’en 2035. L’Ontario a rénové certaines des siennes, qui utilisent le même réacteur. Mais leur durée de vie n’a été prolongée que de 10 ans. Pourquoi en serait-il différent avec Gentilly-2?

M.R.: L’espoir du futur, ça existe et j’y crois. La technologie des réacteurs va se développer dans les vingt prochaines années comme vous ne pouvez pas penser. Ça se déploie à un rythme fantastique.