Tout est possible lors d’une élection partielle

Tout est possible lors d’une élection partielle

Article écrit pour le cours Atelier de presse écrite 1, du Certificat en journalisme à la Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal, à l’été 2008.

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Tout est possible lors d’une élection partielle

Le premier ministre Jean Charest mise davantage sur la candidate que sur l’image du parti lors des élections partielles prévues le 12 mai 2008. «L’est de l’Île de Montréal est Thériault», a-t-il déclaré, hier, lors d’une rencontre avec les militants du Parti Libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription de Bourget. En soutenant la candidature de Lyn Thériault, M. Charest veut «répéter la même histoire que dans Anjou». En 2002, l’actuelle députée Lise Thériault a remporté avec surprise une élection partielle. Le député libéral sortant avait démissionné, son organisation ayant été retenue coupable de fraude électorale en 1998.

«Les candidats jouent un rôle plus important dans les partielles que dans les élections générales», rappelle le premier ministre. Et Mme Thériault a plusieurs points en commun avec son homonyme du comté d’Anjou. Candides lors d’élections partielles, ces deux femmes vivent dans leur circonscription. Elles connaissent donc les enjeux locaux. D’autant plus que Lyn Thériault est mairesse de l’arrondissement  Mercier/Hochelaga-Maisonneuve depuis deux ans. Elle a aussi été commissaire scolaire pendant neuf ans. «C’est chez nous, je vis ici, rappelle la candidate. Mes chances sont aussi bonnes que les autres. On va gagner le 12, c’est certain.»

«Tous les espoirs sont permis», croit M. Charest. Mais, advenant une victoire libérale, le premier ministre ne déclenchera pas d’élections. Même s’il flotte actuellement dans les sondages, plus d’un an après son entrée en fonction comme chef d’un gouvernement minoritaire. «Les Québécois n’en veulent pas. Il n’y a pas de rupture à l’horizon dans la cohabitation actuelle.» Quand à Mme Thériault, elle retrouverait son poste de mairesse si elle n’était pas élue.

La circonscription est un bastion péquiste depuis 1976, excluant la période libérale de 1985 à 1994. Camille Laurin, le père de la Charte de la langue française, y fut élu. Diane Lemieux, députée depuis 1998, a démissionné de son poste fin 2007. Proche d’André Boisclair, elle a mis fin à sa carrière politique après que la chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, lui ait retiré son poste de leader parlementaire de l’opposition.

Seule femme à se présenter dans le comté, Mme Thériault mise sur la sécurité. «Lors de l’élaboration du plan d’action de la politique familiale, les jeunes familles nous ont fait part de leur préoccupation par rapport à la sécurité dans les rues, les parcs, autour des écoles.» La candidate ajoute que la délinquance juvénile augmente dans ce quartier de plus en plus multiethnique. «C’est vrai, confirme Claude Lachance, résidant dans le quartier depuis près de 50 ans. Il y a beaucoup de choses que les gens ne savent pas, comme la présence de gangs de rues aux abords des stations de métro. La police patrouille davantage maintenant. Il ne faut pas lâcher», précise ce membre des Chevaliers de Colomb qui gère une salle lors d’élections provinciales dans le comté.

Aux élections de 2007, le PLQ est arrivé troisième, derrière le PQ et l’Action démocratique du Québec (ADQ). Le PQ a misé sur l’ancien bloquiste Maka Kotto pour conserver la circonscription de Bourget. Dernièrement, M. Kotto a dénoncé les pancartes adéquistes, qui mêlent la hausse de l’immigration et le recul du français à Montréal.