Déchiffrer l’immigration

Déchiffrer l’immigration

Article  écrit pour le cours Atelier de presse écrite 2, du Certificat en journalisme à la Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal, à l’automne 2008.

Texte informatif
Déchiffrer l’immigration

Le chercheur Guillaume Marois affirme que le gouvernement du Québec se trompe en faisant de l’immigration la solution au déclin de la population. Pire, cela pourrait nuire.

Il s’agit d’une histoire de chiffres. Quand le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles a annoncé en 2007 vouloir augmenter le seuil d’immigration annuel de 45 000 à 55 000 d’ici 2010, le démographe Guillaume Marois a fait les calculs.

«L’immigration augmente l’effectif, mais, à long terme, elle n’est pas une solution à la dénatalité et au déclin de la population. C’est un mythe de le croire, note l’étudiant à la maîtrise en démographie à l’Université de Montréal. En accroissant les niveaux dès maintenant, on aura besoin davantage d’immigrants demain pour remplacer ceux qui mourront ou qui partiront.»

Car l’âge moyen des expatriés à leur arrivée est de 30 ans; la majorité n’aura donc pas d’enfants. De plus, jusqu’à 20% quittera le Québec à la fin des procédures administratives. Et des études démontrent qu’ils adoptent les moeurs du pays hôte, qui a un taux de natalité faible.

Guillaume Marois propose plutôt de baisser le seuil d’immigrants à 40 000, ce qui aiderait à contrer le déclin populationnel. En poussant le raisonnement, un niveau zéro serait efficace en termes démographiques. Mais «il ne faut pas s’arrêter seulement aux chiffres», pense-t-il. Car le Québec est reconnu pour son ouverture au monde, avec un taux d’accueil supérieur à ceux de la France ou des États-Unis.