Ivy: la fougue en mots

Ivy: la fougue en mots

Article  écrit pour le cours Atelier de presse écrite 2, du Certificat en journalisme à la Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal, à l’automne 2008.

Portrait
Ivy: la fougue en mots

Le poète montréalais Ivy veut porter le slam au Québec vers un large public, avec fougue et sans dentelle.

Le bouillonnant Ivy est intense. Il n’hésite pas à se mettre debout sur une table dans un bar de «truckers» pour déclamer des poèmes de Gaston Miron. Il anime aussi avec brio une soirée slam. «C’est un concentré… comme du bouillon de bœuf», dit de lui sa collègue slameuse Isabelle St-Pierre.

Slam? De la poésie qui ne se tient pas tranquille, comme lui. «Les mots montent en mottons, mettons coton moitié notés, au ton ouaté». Le quarantenaire défend continuellement son art et avec persévérance: un soir à Montréal pour la grande finale nationale et, le lendemain matin, en route pour promouvoir son nouvel album «Slamérica». Un défi pour dénicher du temps avec lui. Pourtant, aussitôt attrapé, il ne s’arrête plus tellement il est passionné et souhaite convaincre.

Engagé, oui. Enragé aussi. Difficile d’y croire, quand on le voit avec ses lunettes rondes d’intello et son visage poupin. Mais Isabelle St-Pierre confirme: «Il a une grande gueule et il ne peut pas se la fermer.» Au sujet de Grand Corps Malade, le chef de file et le «libérateur» du slam en France, Ivy est catégorique: «C’est d’une prétention incroyable, c’est scandaleux!» Un brin de jalousie pour cet ancien diplômé d’une maîtrise en littérature francophone? Plutôt le regard d’un convaincu qui veut ramener la poésie proche des gens et lui ôter cette poussiéreuse étiquette d’élitiste. Son combat.