Petite victoire contre le décrochage scolaire

Petite victoire contre le décrochage scolaire

Texte publié dans le journal local Les Actualités Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, édition du 20 octobre 2010, page 9.

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Petite victoire contre le décrochage scolaire

Une récente étude révèle que la politique du gouvernement provincial contre le décrochage n’a que partiellement atteint ses objectifs. De son côté, la commission scolaire de NDG a mis en place des mesures particulières.

Un groupe de chercheurs québécois a analysé la stratégie d’intervention de Québec contre le décrochage. Selon ses professeurs de l’Université de Montréal, de l’UQÀM et de l’Université Concordia, les indicateurs liés à la motivation scolaire, à la performance dans les matières de base et au nombre d’élèves décrocheurs n’ont pas bougé. Cependant, ils ont noté certains changements positifs, notamment en ce qui concerne l’ambiance en milieu scolaire, la collaboration entre l’école et la famille, le soutien offert aux élèves en difficulté, la violence et les comportements perturbateurs.

Le Groupe de recherche sur les environnements scolaires de l’Université de Montréal a effectué une évaluation approfondie du programme Agir autrement à la demande du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport en 2002.

L’approche locale

La commissaire scolaire de NDG, Marie-José Mastromonaco, rappelle que la stratégie d’intervention Agir autrement est une collaboration entre le gouvernement et les écoles, et non avec les commissions scolaires. « Je crois énormément aux commissions scolaires », explique cette mère de trois enfants qui fréquentent l’école publique. « Le ministère est loin du milieu, des sensibilités et des réalités locales. À l’école Saint-Luc, des enfants éprouvent des difficultés économiques : manque de nourriture, impossibilité de se procurer tout le matériel scolaire nécessaire et accès limité à la culture. »

C’est pourquoi la circonscription de NDG a mis en vigueur dès cette année son propre plan : « Réussir ». Chaque école de la commission s’est dotée d’objectifs atteignables. « Les réalités de chaque école sont différentes », explique Mme Mastromonaco. « Par exemple, on ne peut pas comparer l’école Saint-Luc avec une école dans l’est de Montréal, en Gaspésie, à Québec ou au Lac-Saint-Jean. Ici, on a privilégié l’approche concertée avec tous les acteurs de l’éducation : les professeurs, les parents, les directeurs d’écoles et les milieux. Ce plan a vraiment été conçu pour nos jeunes. »

Une école adaptée

Mme Mastromonaco rappelle que l’école Saint-Luc a, depuis l’année dernière, une annexe spécialement conçue pour les élèves en difficulté. « Certains jeunes arrivent avec des retards d’apprentissage, des fois une ou deux années dans certaines matières. Découragés, ils n’aimaient pas l’école et ils étaient perdus dans la grande école de 2000 élèves. Ils avaient parfois du mal à se concentrer. On les a donc transférés dans une école pensée pour eux avec des classes de 20 élèves maximum. »

Avec un total de 200 jeunes, cette école leur procure un encadrement idéal, selon la commissaire scolaire de NDG. « Le directeur de l’école connaît chaque élève par son nom. Avant, ils passaient leur temps à compter les étoiles, tandis que maintenant, ils sont allumés et on voit des étoiles dans leurs yeux! »