Politique européenne en terre québécoise

Politique européenne en terre québécoise

Texte publié sur le site Internet du journal étudiant de l’Université de Montréal, Quartier Libre, volume 17, numéro 8, 2 décembre 2008, page 21.

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Les relations internationales à travers des simulations parlementaires
Politique européenne en terre québécoise

À Québec, dans le salon bleu de l’Assemblée nationale, des étudiants québécois discutent de politique… européenne.

Pendant une semaine, fin août, une centaine d’universitaires des deux côtés de l’Atlantique ont participé à la Simulation du Parlement Européen Canada – Québec – Europe (SPECQUE). Ils ont débattu de l’interdiction de fumer dans les lieux publics et des relations économiques avec la Russie et ont pu se faire la main sur les rouages du système politique européen.

«La SPECQUE est un lieu où l’on découvre la diplomatie en la mettant en pratique, comparativement à la belle théorie des livres», explique Jean-François Lisi, président du Comité exécutif. Jenny Demers, étudiante en droit et membre de la délégation de l’Université de Montréal, semble partager cet avis puisqu’elle est venue à la SPECQUE pour «découvrir un peu plus la réalité européenne et les outils que l’Europe utilise». Sa participation lui apporte un bagage solide en droit européen. «Avec la tendance à la mondialisation et l’émergence d’alliances de plus en plus multiples aux quatre coins du globe, l’Europe m’apparaît comme un acteur important et influent, dont il est important de saisir les forces, mais aussi les faiblesses.» À 20 ans, elle est une habituée des simulations, ayant déjà pris part à celles de l’Assemblée nationale et de l’ONU, mais elle se félicite de cette simulation internationale dont l’unique langue officielle est le français.

Pierre-Yves Bourque lui, en est à sa première expérience, il s’est senti «interpellé» par la simulation. «C’est comme si on me racontait une histoire: j’écoute et ça me passionne», explique le Shawiniganais qui étudie en communications et politique à l’UdeM.

Beaucoup d’étudiants européens, après avoir assisté à la simulation, travaillent auprès des institutions européennes. Leur passage à la SPECQUE les familiarise avec le système complexe du droit communautaire et les liens entre les différentes institutions européennes, car le système politique européen est très compliqué. «Ce n’est pas facile de comprendre la drôle de bête qu’est le Parlement européen, déclare George Ross, professeur associé au Centre d’excellence sur l’Union européenne. Car son travail va au-delà de l’intérêt national et partisan, pour trouver un consensus.»

Mais c’est plus difficile pour les Québécois et les Canadiens. Cependant, la SPECQUE est aussi un formidable réseau d’amis à l’international; les offres d’emploi circulent. «Puisqu’on a des intérêts similaires, certains d’entre eux essayent de voir s’ils peuvent trouver du travail en Europe pour d’autres», confirme Jean-François Lisi. Bonne nouvelle pour Jenny Demers qui souhaite travailler pour des institutions comme la Croix-Rouge ou l’OTAN.