Une citoyenne au service de la police

Une citoyenne au service de la police

Texte publié dans le journal local Les Actualités Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, édition du 14 avril 2010, page 14.

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Une citoyenne au service de la police

Gisèle Moluh, la mi-trentaine, arbore un visage souriant. Avec sa tenue de ville noir et gris, elle contraste au sein du corps policier. Seul son badge discret à la ceinture rappelle son rôle de conseillère en concertation civile au sein du poste de quartier de CDN.

«Depuis que je travaille avec les policiers, j’ai un peu l’impression de marcher dans les coulisses de CDN», déclare Gisèle Moluh, en poste depuis novembre 2009.

Le gouvernement du Québec a investi 3,3 millions de dollars sur 3 ans pour créer 9 postes de conseillers en concertation civile dans certains quartiers de Montréal. Leur rôle consiste à optimiser les relations entre les policiers, les citoyens et les partenaires institutionnels, communautaires et municipaux.

À travers le regard d’une citoyenne

Gisèle Moluh reconnaît qu’il a fallu s’intégrer au poste de quartier 26, qui compte plus de 120 policiers. «C’était aussi nouveau pour eux. Il a donc fallu du temps pour que je prenne ma place. J’ai passé plusieurs mois à les suivre dans leurs tâches afin de comprendre leur réalité et pouvoir démystifier leur travail.»

Cette conseillère en concertation civile a côtoyé les patrouilleurs sur le terrain le jour, le soir et la nuit. «Au début, on s’observait mutuellement. Personne n’aime le changement, c’est humain. Mais je me trouve chanceuse d’être tombée sur une bonne équipe, ouverte et chaleureuse.» Des propos confirmés par les sourires échangés avec ses collègues et la bonne ambiance qui régnait au poste de police lors de l’entrevue.

Un travail de concertation

«Les gens ne comprennent pas toujours le travail des policiers.» Gisèle Moluh prend pour exemple le pouvoir que détient un policier de mettre en arrestation une personne qui refuse de s’identifier. Les procédures font en sorte que le policier doit appeler du renfort, et ce, davantage afin de protéger le citoyen que le policier. «Mais ça, le passant dans la rue ne le sait pas. Moi aussi, la première fois, je me suis écriée mon Dieu, il y a combien de voitures de policiers!.» En voyant le travail des policiers à travers le regard d’une citoyenne, elle peut les éclairer sur les perceptions négatives des citoyens, ce dont ils ne sont pas forcément conscients.

À présent, Gisèle Moluh commence à rencontrer les partenaires du quartier, c’est-à-dire les comités de l’arrondissement sur le logement ou la sécurité urbaine, la Table jeunesse du quartier ou bien le Conseil communautaire CDN. «L’idée, c’est de voir comment on peut mieux travailler ensemble à améliorer la sécurité.»

Même s’il existe des agents sociocommunautaires au sein du poste de quartier, leur rôle est différent de celui de Gisèle Moluh. «Ce sont avant tout des policiers et ils font beaucoup d’interventions en prévention. Par exemple, s’il y a un problème récurrent dans une école, les agents sociocommunautaires gèrent le problème. Moi, je fais le lien avec les ressources qui pourrait apporter des solutions.»

Gisèle Moluh reconnaît que c’est un travail de longue haleine de faire changer les perceptions. «C’est un gros défi, mais j’aime ça.» La conseillère en concertation civile est réaliste aussi, sachant que tout ne sera pas résolu d’ici 3 ans. «Je crois beaucoup aux petits changements, un pas à la fois. Je suis optimiste, car je sens de l’ouverture, tant à l’interne avec les policiers qu’à l’externe lors des rencontres avec les différents partenaires.»