Étudiants multidisciplinaires s’attaquent au budget

Étudiants multidisciplinaires s’attaquent au budget

Texte publié dans le journal étudiant de l’Université de Montréal, Quartier Libre, volume 17, numéro 16, 14 avril 2010, page 4.

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Chronique: Budget 2010 du Québec
Étudiants multidisciplinaires s’attaquent au budget


La FAÉCUM s’est vu refuser l’entrée au dépôt du budget du Québec. Alors rêvons d’une délégation d’étudiants de l’UdeM, recrutés spécifiquement selon leur champ de compétences. Travail d’équipe pour exercices pratiques.

Enfermé à huis clos plusieurs heures avant l’annonce officielle du budget, l’apprenti journaliste nage parmi le gratin politique et les stars du métier. Il apprend vite les techniques de base d’un Michel C. Auger ou d’un André Pratte pour démystifier le contenu du budget.

Il faut déjà le porter, ledit budget de près de 15 kg. L’étudiant en enseignement de l’éducation physique s’en charge pendant que celui en gestion de l’information numérique s’occupe des deux clés USB. Un troisième en optométrie utilise ses yeux de lynx pour trouver, au milieu des milliers de pages, l’information sur le budget alloué à l’éducation. Environ un quart du budget total? Ah, merci!

Le finissant en théologie explique le fonctionnement de la nouvelle religion, qui consiste à payer plus de sa poche pour les services fournis par l’État. Hausse de la TVQ, augmentation de la taxe sur l’essence. Celui qui a suivi des cours en architecture du paysage réalise que la pauvreté estudiantine fait partie du décor.

Alors, équilibré ce budget? Le diplômé en nutrition le compare au repas servi le midi: trop de desserts par rapport aux portions de légumes. Une manière, sans doute, de faire oublier aux convives le goût amer de ce budget qui démontre que les citoyens, diabétiques ou non, paieront en taxes et impôts 5 à 10 fois plus que les entreprises.

Ce n’est pas tout. Seul un remède de cheval administré par un étudiant en médecine vétérinaire soulagera les contribuables. Rien de moins pour faire avaler la pilule nommée «contribution santé», qui atteindra 200 $ par année en 2012.

Côté éducation, les étudiants paieraient 12,5% des coûts réels, c’est-à-dire moins que les autres Canadiens. Le gouvernement poursuit le dégel, débuté en 2007. Le diplômé en écriture de scénario prévoit déjà l’intrigue dramatique et le dénouement malheureux.

Et à combien s’élèvera la facture ? L’apprenti kinésithérapeute réussit à attraper la ministre Michelle Courchesne. L’étudiant en création littéraire tente de déchiffrer sa langue de bois. En vain, car le mystère persiste autour de la rencontre prévue cet automne avec les partenaires de l’éducation pour déterminer les modalités de la hausse des droits de scolarité, prévue pour septembre 2012.

Pendant ce temps, le finissant en physique constate le pouvoir d’attraction de l’attaché de presse de Force jeunesse sur les micros et les caméras. Un acharnement qui paye. Le président de l’organisme, Jonathan Plamondon, aura pu déclarer au diplômé en gérontologie: «Prendre la dette du publique et la mettre sur le dos des étudiants, c’est complètement inéquitable.»

Finalement, l’étudiant en santé mentale a la plus lourde tâche. Après un tel budget, les étudiants auront bien besoin de se faire remonter le moral. En attendant que l’épée de Damoclès de l’endettement ne s’abatte prochainement sur leur tête.