Développement durable cherche visibilité

Développement durable cherche visibilité

Texte publié dans le journal étudiant de l’Université de Montréal, Quartier Libre, volume 16, numéro 10, 28 janvier 2009, page 7.

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Projet campus durable
Développement durable cherche visibilité

Après plus de deux ans d’existence, l’initiative étudiante Projet campus durable peine à imposer sa vision verte. Freinée par le manque de publicité et la frilosité de l’UdeM, elle cherche aujourd’hui un second souffle.

Faute de visibilité, la participation des étudiants de l’UdeM au Projet campus durable (PCD) a été, jusqu’à présent, plutôt timide. Or, comme les étudiants s’impliquent peu, le projet lui aussi, avance peu.

Le PCD permet aux étudiants d’évaluer l’ensemble des activités du campus et de proposer des solutions socioenvironnementales à la direction de l’UdeM.

La FAÉCUM finance le projet et des bourses sont offertes aux étudiants qui y participent. Depuis sa création en 2006, quatre employés ont tenu tour à tour le flambeau du PCD, ayant pour effet de ralentir la bonne conduite du projet.

«La publicité est quasi nulle», confirme Virginie Saine-Loiselle, bénévole au PCD. D’après le rapport annuel de 2007-2008, sur les 12 745 dollars inscrits au budget du Projet campus durable, 1 185 dollars avaient été dépensés en date du 6 mars 2008. Ces sommes ont servi à faire un plan de communication, des affiches, le logo et le site Internet du PCD. «Peut-être qu’à l’époque, le budget a été surévalué», suggère Nicolas Descroix, coordonnateur aux affaires universitaires de la FAÉCUM.

Orientations floues

Caroline Mayrand, coordonnatrice du PCD depuis octobre 2008, note un autre défi: «À l’Université de Sherbrooke, la direction donne des directives claires sur les questions environnementales. Ici, les solutions viennent d’en bas et on doit les amener en haut.» Nicolas Descroix corrobore: «Depuis quelques années, rien n’a changé à l’Université, hormis le Comité consultatif sur l’environnement, qui a donné naissance à l’énoncé de politique environnementale de l’UdeM.» Cependant, la politique n’est pas encore écrite et un comité de travail, auquel participent la FAÉCUM et le PCD, s’y attèle actuellement. «Ce n’est pas très avancé», admet Nicolas Descroix.

L’officier de la FAÉCUM reconnaît aussi que certaines associations étudiantes ne voient pas toujours quelles contributions pourraient apporter leurs membres au PCD. «Le concept de développement durable est très large», rappelle-t-il. En effet, l’économie, la politique, la santé et les ressources naturelles font toutes partie du concept de développement durable.

Engages-vous, qu’ils disaient

Audrey L’Espérance, auxiliaire de recherche au Département de science politique, n’est pas du même avis. Elle soutient que les étudiants du cours Évaluation des politiques publiques pourraient s’impliquer. La doctorante n’avait cependant jamais entendu parler du PCD.

Pour stimuler davantage ce projet, Caroline Mayrand, la coordonnatrice du projet, travaille maintenant 30 heures par semaine, deux fois plus que ses prédécesseurs. Dernièrement, huit étudiants se sont rencontrés pour faire du bénévolat pour le PCD, dont Virginie Saine-Loiselle. Cette diplômée en science politique et géographie a évalué, début 2008, l’énoncé de politique environnementale de l’UdeM. «J’ai adoré mon expérience et je veux encourager les étudiants à participer, dit-elle. C’est d’autant plus motivant que cela peut se réaliser dans le cadre d’un cours.» En effet, celle-ci s’est fait rembourser ses droits de scolarité pour ce cours par le PCD.

«Il faut être proactif à l’université afin que les changements se répercutent ensuite dans la société», déclare Caroline Mayrand, qui souhaite rencontrer des professeurs pour publiciser le projet. Elle souligne aussi un possible partenariat avec la campagne Ma santé au sommet, un programme géré par le CEPSUM.

Pourtant, aux dernières nouvelles, Caroline Mayrand aurait quitté ses fonctions de coordonnatrice du PCD. Le poste est désormais vacant.