1420, Mont-Royal: Un mois de répit

1420, Mont-Royal: Un mois de répit

Texte publié dans le journal local Les Actualités Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, édition du 3 mars 2010, page 7.

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1420, Mont-Royal: Un mois de répit

Les défenseurs du mont Royal fourbissent leurs armes. À cause d’un imbroglio à la dernière séance du conseil municipal, ils ont un mois pour faire pression sur l’Université de Montréal et la Ville concernant le bâtiment patrimonial du 1420, boulevard Mont-Royal Ouest.

L’Université de Montréal a acheté en 2003 cet ancien couvent situé sur le flanc nord de la montagne. Quatre ans plus tard, l’Université a parlé de coûts exorbitants de rénovation pour vendre le terrain à Construction Frank Catania. Cet entrepreneur souhaite y construire une centaine de condos de luxe.

Pour convertir l’édifice en copropriétés, les élus municipaux doivent changer le zonage. Ce vote requiert la majorité absolue au conseil municipal, soit 33 voix. Le parti du maire, Union Montréal, compte
38 élus municipaux, mais lors du vote, dix conseillers étaient absents. Certains étaient malades et d’autres en voyage, comme Marvin Rotrand et Helen Fotopulos, deux conseillers de CDN-NDG. De plus, des élus ont fait connaître leur opposition à la vente, comme la mairesse d’Outremont, Marie Cinq-Mars, absente aussi. Résultat : le vote a été bloqué. Le dézonage est donc reporté à la prochaine séance du conseil municipal, le 22 mars.

Pierre Labelle, porte-parole du Rassemblement pour la sauvegarde du Pavillon 1420, boulevard Mont-Royal, se réjouit du report. «On a un mois de plus pour préparer nos actions. On va se rencontrer dans les prochains jours pour faire face à ce bulldozer qui se présente devant nous, au sens strict comme au sens figuré.»

L’été dernier, Pierre Labelle avait rencontré les partis de l’opposition pendant la campagne électorale. «Tous avaient signé une lettre pour empêcher la reconversion de cet édifice en projet immobilier privé», rappelle le citoyen d’Outremont. «Il n’y a que le maire de Montréal qui n’a même pas voulu accuser réception de notre lettre.»

Du côté de l’opposition, Louise Harel, chef de Vision Montréal, a tenu un point de presse sur la montagne quelques jours après le report du dézonage à l’hôtel de ville. «Nous attendions du maire qu’il envoie un message clair en faveur de la protection du mont Royal, à savoir que la montagne n’est pas à vendre. Cela aurait été son devoir», a-t-elle dit. «Abandonnant à l’Université de Montréal la décision de changement de zonage et la vente du couvent à la firme Catania, le maire renonce à exercer un leadership et à protéger la montagne de la voracité des promoteurs immobiliers.»

Vision Montréal souhaite mobiliser les Montréalais à la cause. Le parti espère que les résidants d’Outremont s’exprimeront massivement au prochain conseil municipal afin d’obtenir un référendum sur le changement au plan d’urbanisme. Louise Harel déposera aussi une mention au conseil municipal pour interdire la transformation de bâtiments institutionnels en immeubles résidentiels sur le mont Royal.