Futurs avocats à la défense de l’environnement

Futurs avocats à la défense de l’environnement

Texte publié dans le journal étudiant de l’Université de Montréal, Quartier Libre, volume 16, numéro 8, 10 décembre 2008, page 7.

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Comité environnement des étudiants en droit d e l’UdeM
Futurs avocats à la défense de l’environnement

L’apprentissage du droit nécessite la consultation de textes législatifs volumineux. Diminuer la quantité de papier utilisée est un défi que le Comité environnement des étudiants en droit de l’UdeM se fait un devoir de relever.

Le comité environnement des étudiants en droit de l’UdeM (CEEDUM) souhaite diminuer la taille des volumineux recueils de droit, des documents législatifs secondaires et de la jurisprudence en les publiant sur Internet. À la Faculté de droit, la quantité de papier utilisée pour les recueils de textes est considérable: la Coop Droit utilise trois millions de feuilles par année. Même si 283 arbres sont économisés grâce à l’impression rectoverso et l’utilisation de papier recyclé, les étudiants et l’administration continuent à chercher des moyens de poser des gestes environnementaux.

L’automne dernier, le CEEDUM a proposé à l’administration de la Faculté de droit d’offrir aux étudiants les textes importants pour l’examen en deux versions, papier et numérique. «On ne lit pas forcément la jurisprudence incluse dans les recueils, car cela n’intéresse qu’un nombre limité de personnes qui souhaitent approfondir un sujet», explique Ginette St Louis, vice-présidente au développement durable du CEEDUM. Déposant sur la table l’imposant recueil de textes Droit des professionnels, une brique de 600 pages, l’étudiante en 3e année de droit déclare: «On pourrait réduire leur taille en enlevant des sections qui ne sont pas obligatoires à l’examen.»

La Faculté de droit, sensible aux questions environnementales, a tenu compte de la proposition, estime Danielle Pinard, vice-doyenne aux études de premier cycle au Département de droit. Mais l’administration ne veut pas imposer le virage numérique. «Le droit évolue dans un monde d’expression de concepts et c’est utopique de penser faire cela dans l’abstrait, sans lire, annoter et surligner. Nous souhaitons davantage contrôler plutôt qu’éliminer la quantité de feuilles utilisées», ajoute Mme Pinard.

Contraintes législatives

Il existe aussi des obstacles au projet. Benoit Hébert, conseiller en gestion de l’information à la Faculté de droit, explique que les textes extraits d’autres publications sont soumis à la Loi sur le droit d’auteur. Copibec, l’organisme provincial qui se charge de son application, ne permet pas de rendre disponible sur Internet des extraits contenus dans un recueil, même à un groupe restreint comme WebCT. «Ce système de gestion des droits est archaïque», déclare M. Hébert. Il n’en demeure pas moins que, depuis l’hiver dernier, «la majorité des cours de droit ont un dossier sur WebCT et 80 % des professeurs l’utilisent». Selon le technopédagogue, certains n’y déposent que le plan de cours alors que d’autres ont définitivement abandonné le recueil papier.

Mais cette façon de procéder ne convient pas à tous. «Des étudiants se plaignent, car ils doivent payer euxmêmes les impressions et cela leur coûte plus cher», confirme Gérald Goldstein, professeur titulaire à la Faculté de droit. Sa collègue Ysolde Gendreau estime que «les résultats de ces mesures ne sont pas à la hauteur de ce qu’on attend de la part d’une génération soi-disant branchée».

Cet hiver, l’étudiante Ginette St Louis continuera sa croisade verte. «Nous allons vérifier si les professeurs ont tenu compte de nos recommandations», dit l’instigatrice du projet qui vise à publier les documents complémentaires et la jurisprudence exclusivement sur Internet. Quitte à rencontrer les enseignants récalcitrants.